l'Etre imparfait

Ecrivains en herbe, vous pouvez poster ici vos textes.

Modérateur: Moderateurs

l'Etre imparfait

Message par kiruax » Ven Déc 18, 2009 17:10

[Voici un récit sur lequel je travaille depuis un petit moment. L'histoire se déroule au coeur de la bretonie et raconte la vie tortueuse d'un certain messire Beaubourg. Je vous souhaite bonne lecture]

L'ETRE IMPARFAIT

Il n'y pas un jour ou Théodore Ier, notre bon roi, ne me rappelle a quel point mon destin fut atypique. Moi, messire Beaubourg, comte bretonnien et commandant des armées royale, je n'ai pu que constater à maintes reprises, à quel point l'Homme à la capacité d'être ourdi par les affres du temps, et son âpre engeance, l'oubli. Le temps est le pire ennemi des chevaliers. Les armures rouillent, les corps vieillissent et les champs deviennent stériles du fait de ce fléau inéluctable.Tout dans ce monde est éphémère. Ah ! Laissons donc la jeunesse croire à ce rêve fou qu'est l'immortalité. Le temps, comme à chaque fois, saura réduire la folie juvénile de ces Chevaliers du Graal.

Après avoir guidé autant de grands guerriers, qu'occis d'ennemis sur le champ de bataille, je me rends compte que rien n'a changé. Je suis aujourd'hui un vieillard qui compte comme une peau de chagrin, les jours qui lui restent à vivre. Je ne souhaite qu'une chose : la postérité. Peu importe que mon corps soit enterré ou non dans la Terre de mes ancêtres, l'important c'est de marquer les esprits de mon souvenir, en tant qu'homme juste et éclairé.

Ce récit est donc destiné a celui qui cherche la sagesse plutôt que la gloire impétueuse.

Messire BEAUBOURG



CHAPITRE 1 : VERTIGE DU FOSSOYEUR

L'Homme à cette capacité étonnante d'oublier tous les maux avec le temps, à tel point que la plupart des gens de la cour oublie que je n'étais autrefois qu'un fils de paysans sans éducation et parfaitement ignorant. A l'époque, peu de gens ne m'auraient appelé « messire » sans un regard empli d'ironie. Aujourd'hui mes origines complexe sont encore le fait de
nombreuse calembours par les membres les plus âgés du petit peuple.

En ces temps la, Je répondais au nom de Pier et je comptais dans les environs des 16 printemps. Comme tout les garçons de mon ages, je passais la plupart de mon temps entre les travaux de la ferme et courir après les filles au Lac du Pendu.Je jouissai d'un physique robuste malgré les fréquentes privations.Il m'arrivait d'être employé en tant que coursier pour certains détaillants et même parfois pour divers damoiseaux. Il y avait une part de mystère dans la façons ou les gens de la cour se livrait des messages. Comment arrivait-il a donner un sens a ces lignes courbes tracé a la plume d'oie ? Cela excitait grandement ma curiosité. J'esperais, en secret, pouvoir un jour apprendre la science des gribouillards.

Au village, l'ambiance etait tendu malgré des moissons particulièrement abondantes.Les camelots apportait des nouvelles inquiétantes des terres du nord. Des hordes de revenants avait franchi le col des montagnes grises ravageant tout dans leur sillage. Ces créatures abjectes souillait les temples sacrés et semait sans retenue mort et destructions. On raconte qu'a leur contact les arbres fletrissent et que les terres fertiles se mue en vaste plaines desertiques. Chaque jour ils semblaient s'approcher davantage du Pays de Tilées. Le conflit semblait inévitable. Mais le plus inquiétant etait qu'on nous attaquait juste au moment ou terminions d'entasser le grain en vue de passer l'hiver. La monstruosité possédait-elle de la logique ? Quoiqu'il en soit, personne ou presque ne fut étonné lorsqu'un beau jour le crieur vint sur la place publique annoncer la conscriptions. Tout homme en age de se battre devait se présenter au duché afin d'y etre incorporé a l'armée régulière. Cela sonna le glas de ma vie de marmot. Dans quelques jours je serais au front. Dans quelques jour je serais un conscrit. Dans quelques jours je serais peut etre mort.


La guerre m'est toujours apparue comme une chose noble qu'on réserve aux hommes valeureux. Je m'imaginais déjà brandir fièrement mon arme et marcher d'un pas décidé vers l'ennemie. Comme tout adolescent, je rêvais de grandes charges héroïques ainsi qu'au festin qui suivrait notre victoire. J'espérais aussi pouvoir assister à un haut fait d'arme accomplie par un quelconque chevalier du roi. Une rumeur prétendait que leur armure avait le pouvoir de rendre aveugle tous ceux qui reniaient la puissance de la Dame. J'avais même l'intention d'en éblouir quelques-uns uns grâce à mes talents de coursier.

Je repris rapidement contact avec la réalité dès le début de notre préparation. Je m'attendais à un grand terrain d'entraînement rempli de chevalier, mais au lieu de ça on nous convoqua dans un champ en friche. Les exercices me paraissaient aussi fastidieux qu'une journée aux champs. On nous fit mettre en ligne puis, pendant un temps interminable, nous marchâmes de long en large en veillant toujours à resserer le rang. Au bout du dixième jours on nous donna des fourches en guise d'armes et nous devions chacun notre tour transpercer un homme de paille en criant a tue tête. Après cinq jours passés à manier l'arme d'hast, on nous déclara fin prêt pour la bataille. Le sixième jour, on nous réunit d'abord pour nous informer que nous partions demain pour le Mont au Vent et qu'il fallait donc profiter de cette journée pour saluer nos familles. On nous expliqua ensuite qu'il ne faudrait pas faiblir durant la bataille, que face à l'ennemie notre moral serait notre meilleur atout. On nous recommanda une dernière fois de s'agenouiller lors du passage du général durant la revue et de garder la tête baissée devant un chevalier.Enfin on nous gratifia d'un discours patriotique se concluant sur ces mots :« Que la dame du lac dans son immense miséricorde, nous garde encore quelque temps sur cette terre ».

Le soir ma mère prépara un copieux repas. Elle sacrifia même une poule pour l'occasion. Pourtant l'ambiance à la maison n'était pas à la fêtes, loin de la. Tout le monde, savait qu'une guerre laisse toujours des marques indélébiles et il n'y avait aucune raison que notre famille soit épargnée. Mon père me regarda pendant tout le repas d'une façon dur et attendrissante à la fois. Il veillait tous mes gestes et me réprimandait le cas échéant sans dire un mot, d'un simple coup d'oeil. C'était sa façon de supporter les mauvais jours. Il avait eu le même regard lors de la naissance de Bartoc, notre petit veau et bien qu'il n'était question d'aucun vêlage avant la saison prochaine, j'aurais juré qu'il s'y attendait pour ce soir.

Après le repas, nous restâmes, mon père et moi, l'un en face de l'autre, sans dire un mot. Comme il en était coutume avant chaque départ de campagne, nous attendions la visite du prevot. Ma mère vérifiait pour la dixième fois mon paquetage, elle avait l'air très préoccupé que je ne manque de rien durant le voyage. Le prevot finis par arriver au bout de dix minutes. Il salua mon père puis me demanda de me lever. Il me fit deshabiller puis m'ausculta rapidement par des gestes brusques. Satisfait de voir que j'etais en mesure de guerroyer, il vint s'asseoir près de mon père à la table. Ce dernier m'incita du regard a me revetir rapidement pour les rejoindre. Le prevot prit la parole en premier et demanda :

« - As t-il bien mangé ce soir ?
Mon père acquiesça puis il reprit :
- Dis-moi mon garçon, que compte-tu faire après ton retour de là-bas ?
- Je rentrerais à la maison avec ma famille et je travaillerais à la ferme, dis-je étonné tellement la réponse me semblait évidente.
- Il serait temps de grandir, il te faut acquérir un métier.
- Ecoute ce que le prevot à te dire, reprit mon père.
- Je t'ai trouvé un Maître d'apprentissage dans les écuries du château. Tu le rejoindras dès que possible.
- Il faudra lui obéir et faire du bon travail. Ce sera comme à la maison
- Ce sera ta nouvelle maison, conclut le prevot. »

Ainsi, j'avais atteint un point de non-retour.Je devais dire adieux a ma vie d'antan et aller vers d'autres horizons. Mon père fit un signe bref à ma mère pour l'appeller « Apporte-nous du vin gris et deux verres ». C'est a ce moment que le prevot eu une légère toux. Mon père stoppa sa phrase, me regarda, marqua une pause et reprit « non, va à la cave et prend une bouteille du fût.....ainsi que trois verres. C'est un jour important »

J'ai su à ce moment la que j'étais un homme.

[Fin du chapitre. Je posterais la suite dans quelques temps. N'hésitez pas a me donner vos impression même les plus mauvaise ici. Cela me permettra d'avancer.]

Kiruax
" Les signatures ça sert a se donner de la personnalité avec les mots des autres " Signé : un autre.
Avatar de l’utilisateur
kiruax
Vieux Con d'Honneur
 
Message(s) : 653
Inscription : Mer Oct 01, 2008 20:12
Localisation : Au fond a droite
Infos complémentaires: Je collectionne les chatons morts depuis mes 12 ans
Messages sur le chat: 6092

Retour vers Vos écrits

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité

cron